Cessons de créer les résultats que nous ne souhaitons pas

Le 2 octobre prochain, se célèbre la journée internationale de la Non-Violence. Cette journée me tient particulièrement à coeur puisque, comme vous le savez, le point pivot de notre cabinet est de travailler à la transition d’un conflit confrontait vers une discussion constructive.

Nous travaillons fort à aider notre société à comprendre qu'il existe une grande différence entre un acte violent (verbal ou physique) et un sentiment de colère, tristesse, déception et j'en passe.

Malheureusement, trop d’entre nous expriment encore leurs sentiments avec un degré de violence à la fois suffisamment faible pour ne pas constituer un acte criminel et suffisamment élevé pour générer une réponse qui augmentera le conflit. Malgré ma pratique dans ce domaine, il m’arrive également de glisser et de tomber dans ce piège. Cela s’appelle être humain et c’est la raison pour laquelle nous avons tous besoin, à l’occasion, d’une personne qui aura un angle de vue plus large que notre perspective de trou de serrure .

Ce sont souvent ces mêmes personnes qui agissent violemment qui souhaiteraient que les choses se passent plus pacifiquement.

Ces personnes finissent par créer des résultats qu'ils ne souhaitent pas.

Le plus important est de savoir reconnaître cette réalité et de prendre action.

Comment prendre conscience de ce qui nous empêche de transiter d’une obstination sur position vers un dialogue et une réflexion en vue de solutionner le problème?

Plus de 25 000 personnes ont répondus à cette question et leurs réponses ont été compilées dans l’image ci-haut.

Et vous? qu’est-ce qui vous empêche de réduire votre approche traditionnelle violente à l’approche d’un conflit? Que comptez-vous faire pour minimiser les risques de laisser ces pensées prendre le dessus sur votre véritable intention?

Le professionnel que je souhaite être

Hier, j’ai assisté à une expérience professionnelle que je n’ai jamais vécu auparavant.

Hier j’ai aidé une famille brisée à se reconnecter et surtout, à se reconnaître. J’ai parlé à une enfant qui m’a exprimé son souhait de bâtir des souvenirs heureux avec ses parents, séparés depuis de nombreuses années.

Un dossier de médiation familiale qui a commencé avec des menaces d'outrage au tribunal et des exigences de toutes sortes s'est terminé avec deux parents séparés qui ont choisi d'aller bruncher ensemble avec leur fille le même jour. Elle sait que ses parents ne reviendront pas ensemble et elle sait qu'ils travailleront ensemble à lui offrir les plus beaux souvenirs de sa jeunesse.

Et ensuite certains se demandent pourquoi j'ai choisi cette vocation...

Ma pratique en justice participative m’immerge dans les coulisses des histoires que je gérais autrefois en prenant une position que m'imposait mon rôle. Elle me donne aujourd'hui une perspective que je n’aurait jamais aperçu autrement.

Je sillonne désormais des sentiers que ma pratique traditionnelle a camouflé durant trop d’années. Je reste tout de même reconnaissant à ces années nécessaires à mon cheminement. Cela dit, je sens pour la première fois que j'aide adéquatement les gens. Je ne règle plus des problèmes de surface imbriqués dans une problématique plus large. J’aide aujourd’hui mes clients à trouver la source du conflit et la retravailler pour modeler une solution respectant des paramètres légaux qui LEURS conviendront. Une solution qui ne leur sera pas imposée.

Comme le dit si bien un juge dont le nom m’échappe: “Prenez le crayon et rédigez votre propre jugement”.

Hier, je me suis senti plus proche que jamais du professionnel auquel j'aspire. Et je suis heureux de le devenir un peu plus chaque jour.

Les trois fils et les 17 Chameaux

À son décès, un homme lègue à ses trois fils 17 chameaux.

Au premier, il laisse la moitié de ces chameaux.

Au second, il laisse un tiers de ces chameaux.

et au plus jeune, il lègue un neuvième de ces chameaux.

Mais voilà... 17 chameaux ne se divisent pas en deux, ni en trois, ni en neuf. Le chiffre 17 est en fait un nombre premier, et donc indivisible.

Face à ce problème mathématique insoluble, les trois fils négocie une issue, mais aucun ne souhaite perdre au change.

Las de palabres sans issue, ils consultèrent la vieille sage du village. Elle pensa longuement au problème. Quelques jours passèrent. Puis elle revint en leur disant ceci:

“Je ne sais pas si je peux vous aider à diviser vos 17 chameaux, mais si vous le souhaitez, je peux vous donner le mien.”

Les trois fils, d’abord surpris, refusèrent l’offre. La vieille sage avait peu de bien et ils ne souhaitaient pas l’appauvrir avec leur problème. Elle insista cependant et, comme vous le savez, on ne s’obstine pas avec une personne âgée.

Les trois fils, forts de cette nouvelle acquisition, s’assirent de nouveau afin de diviser leurs chameaux.

Ils réalisèrent que la moitié de 18 équivalait à 9, son tiers, à 6 et son neuvième, à 2. Ils se partagèrent ainsi 17 chameaux et en avaient un de plus.

Plusieurs enseignements, dont quatre importants émergent de cette histoire:

1- Un problème n’est insoluble que si l’on persiste à travailler avec les mêmes variables.

2- Il est parfois bénéfique de demander à une personne externe au conflit d’aider le groupe plutôt que l’individu

3- Dans une situation ou chacun tente de retirer ses billes, il est pertinent de songer à celles que l’on peut ajouter afin de mieux les partager. C’est ce qu’on appelle Faire grossir la tarte au lieu de la diviser prématurément.

4- Vous remarquerez que ma version de cette histoire ne mentionne pas ce qu’il advint du troisième chameau. Je vous laisse créer cette fin, avec la conviction que la plus grande majorité d’entre vous concluront de la même manière. Et c’est là que se trouve le plus bel enseignement. De la cohésion et la tranquilité d’esprit, nait l’altruisme et l’échange.

- Inspiré de: TEDxMidwest - William Ury: La marche du "non vers le "oui"

Facturation créative des honoraires

Patrick Zakaria est fier de contribuer à la rédaction de cette édition spéciale sur la situation de l'emploi chez les jeune avocats du Québec. L'Extrajudiciaire vient une fois de plus de prouver que l'avocat d'aujourd'hui est bel et bien de son temps.

Pour lire cette article en haute définition et découvrir ce superbe périodique, veuillez cliquer ici

L’autre partie ne souhaite pas négocier? Découvrez la communication non violente (CNV)

Pourquoi aller en médiation? Pourquoi négocier si l’autre partie ne veut pas discuter ou est de mauvaise foi?

Après avoir entendu cette question à maintes reprises, J'ai pris la décision de m’y attarder sous un autre angle : Celui du message transmis par la question plutôt que son contenu lui-même.

Plusieurs plaident en faveur de la négociation et de la médiation sans tenir compte de la réalité émotionnelle de leur interlocuteur. Or, l’application de techniques de communication et d’écoute active s’avère de plus en plus importante dans notre réalité juridique actuelle.

L’empathie, la conscience et la maitrise de soi sont autant d’outil qui  bonifient la qualité des services rendus par les praticiens du droit et donnent ainsi une plus-value à notre expertise.

Dans ma recherche de formations en développement de ces outils, j'ai contacté le groupe Conscientia, spécialistes dans l’approche de Communication Non Violente ( CNV) et me suis inscrit à leur formation d’introduction.

Lors de cette formation, les animateurs, Robert Bouchard et Marcelle Bélanger ont expliqué l’origine des problématiques communicationnelles pour ensuite introduire cette méthode structurée, simple d’utilisation et incroyablement efficace lorsque bien maîtrisée.

Pour Marshall Rosenberg, disciple de Carl Rogers et à l’origine de cette approche, l’objectif de la CNV est de renforcer notre habilité à demeurer humain dans le cadre de nos interactions sociales. Elle permet à une personne de prendre la responsabilité de ses émotions, les exprimer avec clarté et honnêteté et, simultanément, de prêter une attention empathique à l’autre tout en clarifiant ce qui est observé et ressenti au lieu de poser un diagnostic voilé de jugement.

Démarche en quatre étapes

Les quatre étapes de la démarche de CNV sont  l’observation, l’expression du sentiment, celle  du besoin, et finalement celle d’une demande concrète, tel que résumé dans le dessin suivant :

La tête est le siège de la perception et de l'intelligence. Elle observe une situation donnée et est le premier obstacle à une la résolution d’un conflit  lorsque l’individu choisi d’évaluer, analyser et juger les actions des autres avant de se pencher sur les siennes. Utilisée à bon escient, la tête permettra d'observer les failles de la communication et d'y remédier en s'exprimant avec clarté et sans accusations.

Le cœur est l’image du sentiment. « Dire Je » représente l’expression des sentiments qui nous habitent, sans évaluation ou jugement.

Le ventre et les jambes symbolisent respectivement le besoin et l’action concrète (la demande).

Cette image reflète la même philosophie que la démarche de justice participative. En effet, tout conflit tire sa source dans des besoins non comblé et souvent ignorés. En vivant une frustration sans connaître la source, un individu devient exigent et l’exprime comme il la vit : Avec violence, propos blessants et jugements de valeur.

La méthode CNV est un excellent outil pour tout juriste (et je dirai même toute personne) souhaitant améliorer sa communication avec ses clients et entre eux. Une observation empathique permet d’écarter les évaluations subjectives de chacun et permettra de se concentrer sur les sentiments et besoins qui les animent. En résultera une formulation respectueuse de demandes claires et préparera le terrain pour des solutions appropriées pour tous.

Le point marquant de cette formation est l’humanité qui s’en dégage. Les formateurs sont brillants et pleins de compassion. Ils savent insuffler le désir de contribuer à une meilleure société. La formation comporte des aspects théoriques et des exercices pratiques permettant de tester le pouvoir de cette méthode. Les équipes de travail s’exercent à partir de jeux de rôles tirés directement de leurs vécus et donnent ainsi une dimension très personnelle et puissante à l’expérience.

J'ai profondément été marqué par le constat suivant : En tant que professionnel, il est impératif de tourner la caméra vers soi avant de la tourner vers les autres si l’on désire mieux comprendre leurs messages. C’est en utilisant cette méthode qu’il m'est aujourd’hui possible de mieux comprendre les besoins de mes clients et d’entamer un dialogue emphatique et efficace dans la recherche de solutions.

S je me suis inscrit à cette formation dans l’objectif de développer de nouveaux outils professionnels, j'en suis sorti avec des outils de croissance à la fois personnelle et professionnelle.

En tant que professionnel du droit il est difficile d’admettre la part de notre propre vécu dans la dynamique du conflit de nos clients. C’est l’acceptation de ce constat qui m'a enseigné l’humilité nécessaire à mon expertise de médiateur, un domaine qui m’anime au quotidien.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les ouvrages et liens suivants :

-       www.groupeconscientia.com - section « notre documentation »

-       www.cnvc.org

-       Les mots sont des fenêtres (ou des murs) -  Marshall Rosemberg

-       Cessez d’être gentil, soyez vrai! – Thomas D’Ansembourg

Bye bye Mise en demeure, Bonjour Lettre de prévention

Depuis ma décision d’orienter ma pratique exclusivement vers les méthodes pacifiques de résolution de conflits, je n’ai cessé de me questionner sur les moyens à employer afin de régler les situations conflictuelles dans leur globalité.

Au cours de ces réflexions, j’en suis venu à constater que le véritable point de départ de l’escalade d’un conflit réside dans la mise en demeure.

Rappelons que la mise en demeure à deux objectifs principaux : permettre à un débiteur d’exécuter son obligation avant l’introduction d’une action en justice et servir de point de départ dans le calcul de l’indemnité.

Il n’existe aucune formule légale concernant la mise en demeure, ni la nécessité d’en indiquer le titre en objet.

Le ministre de la justice balise toutefois son contenu de la manière suivante: 

La mise en demeure doit être rédigée sous forme de lettre et :

  • comporter la date de sa rédaction, les coordonnées du destinataire ainsi que la mention SOUS TOUTES RÉSERVES, afin de protéger l'expéditeur relativement à ce qui est avancé dans la lettre;
  • résumer le problème;
  • demander un règlement;
  • fixer un délai pour régler le problème;
  • inclure les coordonnées de l'expéditeur et sa signature;
  • inclure dans son texte l'expression mise en demeure afin que la personne qui la reçoit sache à quoi s'en tenir.

Malheureusement, avec les années et l’utilisation qui en a été faite, la mise en demeure est devenue synonyme - aux yeux du grand public - d’exigences, de contrôle et d’accusations; autant de termes qui n’installent pas le climat de confiance susceptible de résoudre le conflit.

Le cheminement habituel d’une mise en demeure débute naturellement par son envoi à un destinataire. Destinataire qui, en réaction, choisi de ne pas y répondre, d’y répondre soi-même en rejetant toutes les demandes en bloc ou d’y répondre par avocat qui évite d’admettre quelque fait qui pourrait affecter un éventuel litige.

Autant d’actions qui s’éloignent du règlement du conflit et se rapproche de la stratégie conflictuelle. Le règlement lui-même devient, en fait, un outil stratégique plutôt qu’une finalité.

Je me suis donc posé la question suivante: Comment faire de la résolution d’un conflit une finalité? Comment installer dès le départ une atmosphère pacifique et positive?

J’ai donc apporté les modifications suivantes à la mise en demeure traditionnelle :

  1. Changer son nom pour « Lettre de prévention »;
  2. Modifier le ton de la lettre;
  3. En fin de lettre, indiquer les effets légaux qu’engendrerait un refus ou qu’un échec de négociation;
  4. Joindre une entente de confidentialité limitée

1. Changer son nom pour « Lettre de prévention »

L’idée est simple : Installer dans les premiers mots de la mise en demeure l’intention de prévenir un litige et de chercher des solutions proactives.

2. Modifier le ton de la lettre

Un climat, hostile ou de confiance, s’installe toujours selon le ton employé. Il suffit d’en prendre conscience.  Un ton accusatoire et exigeant aura plus d’impact émotionnellement négatif qu’un ton doux dans son contenu, même s’il peut être ferme dans le contenant.

Un ton doux se caractérisera par l’emploi, dés les premières phrases de la lettre, de mots tels que: résoudre, amiable, invitation, pacifique, collaboration, besoins mutuels.

3. En fin de lettre, indiquer les effets légaux qu’engendrerait un refus ou qu’un échec de négociation

C’est à ce moment que la fermeté peut prendre sa place. Une fois le désir de régler le conflit exprimé, il est toujours possible que l’autre partie ne désire pas contribuer à la solution. Le Code Civil du Québec prévoit l’obligation de mettre en demeure une partie qui n’exécute pas son obligation. Il ne prévoit cependant pas de le faire de manière agressive.

Une formule que j’ai développée et que j’apprécie particulièrement est la suivante :

"Notre client désire fortement aborder cette situation dans un esprit collaboratif. Vous comprendrez toutefois qu'en cas de refus de nous rencontrer, ou bien d'échec des discussions proposées, la présente lettre de prévention produira les effets de la demeure telle que décrite à l'article 1594 C.c.Q."

4. Joindre une entente de confidentialité limitée

La première entrave à la résolution d'un conflit est le souci d'éviter tout aveu extrajudiciaire en ouvrant la porte à une discussion. L'ajout d'une entente de confidentialité limitée à une demi-journée, par exemple, vise à rassurer le récipiendaire à l'effet que les deux parties, tout comme dans une médiation, peuvent engager la conversation sans craindre les effets néfastes que pourrait produire un aveu.

Comment faire de la résolution d’un conflit une finalité? Comment installer dès le départ une atmosphère pacifique et positive?  Commençons par le vouloir et communiquer avec clarté nos véritables intentions plutôt que nos positions.

Un modèle de lettre de prévention est disponible sur demande. Je vous invite à entrer en contact avec moi à partir du formulaire suivant pour le recevoir.

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Les Médiateurs à 10% du Barreau du Québec

Saviez-vous que depuis près de deux ans, le Barreau du Québec offre au public et aux petites entreprises un Service de médiation à Forfait?

En effet, le Barreau du Québec collabore depuis l'ouverture de ce programme avec les différents palais de justice du Québec, ainsi que des organismes et assureurs afin de sensibiliser le public à ce mode de résolution de conflits.

Bien sûr, certains critères doivent être remplis pour faire appel à ce service, mais le jeu en vaut clairement la chandelle. La rémunération des médiateurs est proportionnelle à l'enjeu financier et les parties qui participent à ces séances paient en moyenne 5% du montant sujet du conflit pour le régler de manière expéditive

Le Barreau a d'ailleurs convenu d'un partenariat avec JurisRéférence afin de favoriser l'utilisation de ce service par le grand public à la recherche d'un avocat. Les personnes intéressées peuvent consulter le lien suivant pour en savoir davantage: https://www.jurisreference.ca/fr/services-mediation

Si vous désirez en savoir davantage sur la médiation et les autres modes de résolutions de conflits? Il nous fera plaisir de vous répondre!

Jeunes avocats - Cahier spécial du Journal du Barreau du Québec

Un vent de fraîcheur souffle depuis quelques années dans la profession juridique. De jeunes avocats idéalistes réfléchissent activement à divers moyens de donner un nouveau souffle à la profession d’avocat. Ils sont passés à l’action en ajoutant une valeur ajoutée à leur pratique traditionnelle. Certains ont choisi de naviguer dans une pratique parallèle. D’autres ont poussé l’audace à quitter complètement le milieu juridique, tout en se servant de leur formation pour développer des projets à caractère bénévole ou sociaux.

Mais qui sont ces jeunes avocats et quelle est leur vision non seulement de la justice, mais des besoins actuels de notre société ? Le Barreau du Québec à publier un journal spécial leur étant dédié.

Je suis heureux de faire partie de cette édition spéciale et encourage fortement tant le public que mes confrères à le consulter. Les premier afin de démystifier l’image de l’avocat ancrée dans l’esprit de certains et les seconds afin d’élargir vos horizons.

cliquez ici pour lire ce cahier spécial.

Qui sait ? Peut-être serez-vous inspirés par le parcours de ces avocats et trouverez à votre tour une manière de contribuer activement et surtout créativement à cette belle communauté que nous formons !

Bonne lecture,